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Y a-t-il encore une administration à la DSDEN du Val d’OIse ?

La crise que nous traversons est inédite par son ampleur et par son déroulement. Elle a bousculé le fonctionnement scolaire obligeant les collègues, les élèves et leurs parents à trouver, souvent avec la plus grande difficulté, des solutions pour permettre la continuité pédagogique. Pourtant, au sommet de notre hiérarchie ministérielle, on assurait que tout était prêt. C’était le début d’une liste à la Prévert de mensonges, approximations et autres bévues de Blanquer. Il est à noter que ce dernier ne semble pas faire l’unanimité même parmi les cadres de l’Education Nationale :
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/05/14052020Article637250435761243497.aspx
Dans cette tourmente anxiogène, angoissante, les personnels de l’éducation ont fait preuve d’une capacité d’adaptation, d’un souci des élèves et d’une grande force de travail. L’injonction à reprendre en présentiel à partir du 12 mai, sans entendre les préconisations du conseil scientifique, du groupe de travail du Sénat, les associations de professionnels de santé, marque la volonté de la part de notre ministère de servir l’économie au détriment de la santé des personnels, des élèves et de leurs proches. Il ne met à l’heure actuelle pas le même zèle à faire reprendre les collèges et les lycées dans les remontées que nous avons.
Face à cette injonction, les collègues du premier degré dans le Val d’Oise ont produit collectivement plus de 130 motions dans le département pour prévenir, alerter sur l’impossibilité de faire appliquer un protocole sanitaire loin de la réalité du terrain d’une école maternelle ou élémentaire. Ces courriers d’alerte, ces interpellations collectives et individuelles sont restés lettre morte sans réponse officielle écrite, ni du DASEN, ni des IEN, pourtant chefs de service. Et ce malgré le cadre légal qui le leur impose. La loi est visiblement à géométrie variable.
C’est donc bien l’objet de notre communiqué. Y a-t- il encore une administration ? Cette absence de réponse se double dans de nombreux endroits d’un zèle stupéfiant des IEN. Il s’agit certainement d’afficher le meilleur présentiel de professeurs au grand concours national de l’injonction. Cela se traduit aussi par une pression sur les ASA pourtant de droit durant le mois de mai sous certaines conditions.
Une grande partie de ping-pong concernant la responsabilité pénale est engagée depuis un mois : l’Etat s’en dégage avec son protocole sanitaire de 54 pages du bureau Véritas (comme il l’a fait auparavant avec les mêmes modalités en collaboration étroite avec les fédérations patronales de la Construction), le gouvernement annonce que les maires en sont dégagés, et entretient dans les médias un amalgame de langage récurrent entre chefs d’établissement du second degré et directeurs d’école, totalement faux au regard du droit et des pratiques.

D’une part « Le directeur d’école veille à la bonne marche de l’école et au respect de la réglementation qui lui est applicable. » (article 2 du Décret n°89-122 du 24 février 1989)
D’autre part, le protocole sanitaire national précise page 10 :
« Avant la réouverture, et comme détaillé dans le présent guide, il revient aux collectivités territoriales et aux directeurs d’organiser la reprise dans le respect de la doctrine sanitaire et de vérifier son applicabilité avant l’accueil des élèves. »

En somme, depuis le 3 mai un protocole sanitaire très strict de 54 pages s’impose.
Parce que c’est leur mission légale, les directeurs, les équipes, font remonter des courriers d’alerte qui listent très précisément les innombrables défauts constatés, en matériel sanitaire, en organisation concrète de la prophylaxie, ou concernant le fait que la distanciation interindividuelle est tout bonnement impossible en maternelle ou élémentaire (c’est le premier bilan de deux mois de « pôles d’accueil »).

Chacun de ces défauts est constitutif d’une impossibilité d’appliquer le protocole, le rendant fondamentalement caduque.

Mais la direction ne peut en rien contraindre le Maire sur lequel il n’a évidemment pas autorité, sur ce qui permettrait de pallier, de rectifier des défauts constatés.

Et les chefs de service, les IEN, n’assument aucun écrit d’organisation concrète des écoles, imposant aux directions et aux équipes de les assumer pour eux, en contradiction avec les courriers d’alerte, et en soumettant les enseignants aux arbitraires municipaux.

On arrive alors à une situation ubuesque, kafkaïenne et terriblement anxiogène pour les collègues du 1er degré. Sans même parler du non-sens pédagogique et du cynisme autour des raisons sociales avancées. Colère et amertume sont immenses.

Dans le même temps, la DSDEN ne répond en rien aux demandes des organisations syndicales que ce soit sur les droits des personnels (http://www.cgteducaction95.ouvaton.org/spip.php?article147) ou sur les zones d’ombre qui entourent pare exemple les décès de collègues durant la période.
Halte au mépris : il s’agit maintenant d’avoir des réponses, d’une administration qui prenne ses responsabilités et ne soit pas seulement dans les injonctions souvent contradictoires. Il s’agit de prendre en compte la dimension humaine pour les personnels, pour les élèves et pour leurs proches d’une période où la crise sanitaire s’accompagnera d’une crise économique d’ampleur. Un ministre despotique imposant un dogme pédagogique au service d’une vision réactionnaire de la société en s’appuyant sur une hiérarchie intermédiaire zélée pour mettre au pas les personnels qui oeuvrent pourtant au plus près du terrain, ce n’est pas l’école que nous souhaitons. Nous défendons au contraire des collectifs de travail reprenant en mains leur outil de travail, capable de résister à l’autoritarisme de petits chefs à qui l’on a confié un pouvoir de nuisance. Nous appelons la DSDEN mais plus globalement l’administration à apporter les réponses aux personnels et à leurs organisations syndicales. Nous les appelons aussi à écouter et suivre les prises de positions collectives prouvant ainsi qu’entendre c’est aussi écouter.

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