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Point sanitaire dans l’Education.

Point sanitaire dans l’Education.

1) L’ouverture des pôles d’accueil pour les enfants des personnels soignants :

No man’s land sanitaire
La raison de la fermeture des établissements scolaires en France, annoncée le 12 mars par le Président de la République, est une mesure de Santé publique pour freiner la propagation d’un virus, alors que les enfants deviennent selon les épidémiologistes, à ce stade, un accélérateur important dans la circulation de ce virus, un « second réservoir ».

S’il nous apparaît normal de se mobiliser pour faciliter la vie des personnels soignants, très sollicités, il nous apparaît aussi urgent de garantir la sécurité sanitaire des enfants et de tous les personnels de l’Education nationale et des collectivités territoriales concernés par les « pôles d’accueil » destinés à accueillir les enfants des soignants sans moyen de garde alternative. A priori, les enfants des personnels soignants sont statistiquement plus susceptibles d’être en contact avec le virus, vue la surexposition de leurs parents, malheureusement.

Or cette mesure a été organisée de façon précipitée par la DSDEN du Val d’Oise le samedi 14 et le dimanche 15 mars, sans consultation préalable des équipes enseignantes du 1er degré comme du second degrés, sans recensement préalable des effectifs potentiels, sans la mise en place d’aucune mesure sanitaire par les collectivités locales, pourtant réclamées par le ministère de l’Education nationale, rappelées par la Rectrice de l’académie de Versailles :
• désinfection préalable avant accueil,
• protocoles de désinfection quotidienne des poignées de portes, des chaises et des tables,
• fourniture de savons, bien trop absents au quotidien dans les écoles.
• fourniture de gel hydroalcoolique, de gants, de masques, de mouchoirs à usage unique, d’essuie mains à usage unique, pour pouvoir assurer les gestes barrière.

Les personnels faisaient aussi remonter les besoins
• en thermomètres frontaux
• de détermination d’une salle de confinement
• de présence physique des personnels de médecine scolaire

Dans l’improvisation la plus totale, cette décision a pris différentes formes dans le département, surtout dans le 1er degré. Et nous regrettons l’absence d’approche uniforme par la DSDEN 95 comme par les collectivités locales. Dans certaines circonscriptions, sur certaines communes, l’accueil s’est fait dans chaque école, pour les seuls enfants concernés déjà inscrits dans l’école. Cela permettait au moins d’anticiper les besoins, et de s’assurer des effectifs très réduits dès le lundi 16 mars, et un environnement connu par les enfants, avec des repères.

Pour d’autres communes ou circonscriptions, cela s’est traduit par une seule école d’accueil sur des communes importantes (Pontoise, Cergy…) Avec le risque d’un afflux massif le lundi 16 mars (le seul hôpital de Pontoise compte 3000 salarié.e.s…, sans compter les personnels des cliniques privées, les maisons de retraite, du secteur libéral, des auxiliaires de vie, des biologistes, des transporteurs sanitaires, des pharmaciens, des médecins, des infirmier.e.s, des aide-soignants, etc.)

►C’est la raison pour laquelle la CGT a demandé dès le dimanche 15 mars le report de l’ouverture des « pôles d’accueil » dans les écoles, pour 24H ou 48 H, le temps de s’assurer du respect des normes et des procédures sanitaires , sous la conduite de personnels de Santé.

► 10 jours plus tard, il nous apparaît que ces conditions minimales sanitaires ne sont toujours pas garanties et respectées dans certains de ces pôles d’accueil pour les enfants comme pour les personnels (Pontoise, Persan…) : aucune désinfection spécifique des locaux, des poignées de portes et même absence totale de ménage depuis le 13 mars, aucune livraison de matériel sanitaire de base (savon, gel, essuie-mains…), etc.
En outre, la distanciation sociale est un vœu pieux pour des enfants de cycle 1 ou 2, mieux pris en compte à partir du cycle 3.

2) En conséquence, nous demandons l’intervention du Préfet pour qu’un rappel urgent soit fait aux collectivités communales et à la DSDEN du 95 en matière d’engagement sanitaire, pour que des mesures soient prises au plus vite et systématiquement.

3) La continuité pédagogique dans le 95

Une totale cacophonie a régné durant les premiers jours de la part de la hiérarchie de l’Education nationale, avec des injonctions contradictoires 3 à 4 fois par jour.
Les consignes gouvernementales demandent expressément de rester confiné-es et de télé-travailler.
Or nous constatons que les fonctionnaires de l’Éducation nationale sont l’objet de demandes croissantes qui contreviennent à ce principe de confinement, appuyées désormais sur la demande d’utilisation étendue du « motif familial impérieux » pour récupérer des supports de travail pour les élèves.
Cette semaine encore, certain.e.s IEN du 95 ont exigé des enseignant.e.s du 1er degré, qu’ils organisent des passations de matériel papier en direction des familles « en fracture numérique ». Or 30% des écoles du Val d’Oise sont en REP. Dans ces écoles à forts effectifs, la proportion de familles concernées peut atteindre 30 à 40%. Cela représente une demande de déplacements d’adultes et d’enfants qui remet en cause les règles gouvernementales en matière de confinement.
Nous demandons en conséquence au Préfet d’indiquer clairement à la DSDEN du 95, que les déplacements doivent être réduits à l’essentiel, qu’à l’exception des personnels volontaires pour assurer l’accueil des enfants de soignant-es et l’organisation de la continuité du service, il convient de ne pas se rendre sur son lieu de travail. Tous les moyens doivent pouvoir être donnés aux personnels afin d’assurer à distance les missions absolument indispensables.
La priorité aujourd’hui doit être sanitaire. Il est inacceptable qu’il soit demandé aux chefs d’établissement, aux directeurs d’école, aux IEN et aux DASEN de signer des attestations de déplacement dérogatoire destinées aux parents d’élèves.
Les personnels de tous les métiers de l’éducation ont fait preuve de la plus grande responsabilité et de professionnalisme. Les enseignant-es, particulièrement, ont mis tout en œuvre pour maintenir le lien avec leurs élèves sans en oublier. Il faut leur faire confiance.
Il faut aussi rester modestes et vigilants, et ne pas creuser les inégalités entre nos élèves. L’urgence n’est pas dans l’avancement du programme mais dans le maintien pour tous les élèves d’un lien avec les apprentissages, dans le respect de la protection dues aux agent-es. La poursuite du lien entre les professionnels et les familles n’est pas sans difficulté : inégalités entre les familles liées aux conditions matérielles d’existence, difficultés à s’organiser pour le travail des enfants à la maison. La CGT demande que le ministère cesse d’évoquer une “continuité pédagogique” dont il laisse entendre qu’elle pourrait remplacer l’enseignement en présentiel. L’engagement dont les personnels ne cessent de témoigner sera, dans des conditions retrouvées de sûreté sanitaire, et comme à l’accoutumée, mis au profit de tous nos élèves

4) Le point particulier de la crèche des personnels de l’hôpital de Pontoise.

Mardi 24 mars, nous avons appris que l’une des auxiliaire de puéricultrice était testée positive au Covid-19 et que trois de ses collègues attendaient leurs résultats.
Une quinzaine d’enfants de 0 à 6 ans y sont accueillis.
Ce service n’est pas un service de soins.
Dans le quartier des Cordeliers, celui de l’Hôpital de Pontoise, l’ISI, une crèche et un groupe scolaire sont par ailleurs « pôle d’accueil ».
Nous demandons au préfet de re-questionner la pertinence d’un tel dispositif sur le site particulièrement exposé de l’Hôpital dans le contexte actuel, qui expose les puéricultrices mais aussi les enfants.

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